Collecte, méthode et données
Un corpus documentaire partiel, pas une mesure de la prévalence des violences en France. Protocole révisé le 26 octobre 2026 ; données publiques version af35a73d1a43.
Ce que la collecte couvre réellement
Faits intentionnels commis en France, métropole et outre-mer, depuis le 1er janvier 2000, avec un lien idéologique ou politique étayé. Les projets déjoués avant passage à l’acte, les menaces seules et les dégradations seules restent hors des graphiques. Un homicide sans lien établi reste également hors périmètre.
Le recrutement historique des dossiers a privilégié les faits mortels et les affaires médiatisées. Des cas non mortels ont été conservés sans recherche uniforme dans toutes les rubriques. Depuis cette révision, les violences physiques non mortelles satisfaisant les mêmes exigences sont aussi recherchées. L’ajout de deux agressions homophobes ne constitue pas un rattrapage exhaustif de cette lacune.
La sélection publiée comprend 76 fiches et 80 unités de calcul : 8 fiches débutent en 2000–2011, 68 en 2012–2026. Ces nombres décrivent le corpus, pas la distribution réelle des violences. Le nombre de cas manquants et le taux de couverture par famille, mobile, territoire ou année sont inconnus. Aucun dépouillement exhaustif rétrospectif ni effort égal de recherche entre catégories n’est revendiqué.
La date cible est 2026-10-26. Elle indique une borne de recherche et ne certifie pas que tous les événements antérieurs sont recensés. Les tendances peuvent refléter l’évolution des pratiques de collecte aussi bien que celle des faits.
Protocole commun de recherche et de décision
Ce protocole s’applique aux nouvelles recherches. Il ne reconstitue pas rétroactivement des recherches qui n’ont pas été enregistrées.
- Ouvrir une grille de recherche croisant périodes (2000–2011, 2012–2019, 2020–date cible), métropole/outre-mer et familles ou mobiles. Rechercher dans chaque case les faits mortels et non mortels ; ne jamais conclure « aucun fait » à partir d’une recherche sans résultat.
- Interroger les sources primaires françaises : juridictions et parquets, ministères, Parlement, rapports d’enquête. Compléter par la presse nationale, régionale et locale française, ainsi que les archives associatives pertinentes. Exemple de requête à adapter :
« agression » « homophobe » « condamnation » 2013 Paris. Conserver date, requête, source consultée et limite d’accès. - Pour chaque piste, vérifier séparément fait, lieu/date, blessures et décès hors auteurs, lien idéologique, famille, mobiles/courants et procédure. Consulter le contenu substantiel : une URL accessible ou un extrait de moteur ne constituent pas une preuve suffisante.
- Exiger une source primaire pertinente ou deux origines réellement indépendantes pour les affirmations décisives. Plusieurs reprises d’une dépêche comptent comme une origine. Un document institutionnel citant une enquête de presse ne crée pas une seconde enquête indépendante.
- Réconcilier victimes, doublons et épisodes avant intégration. Enregistrer la décision (inclusion, maintien, attente, exclusion ou correction), sa date, les sources probantes et sa justification. Publier la décision de cette révision dans le registre public ; conserver les détails de travail et pistes non vérifiées hors du site.
- Contrôler la cohérence entre récit, personnes blessées nommées et champs numériques. Un blessé certain peut fonder un minimum même si le bilan complet manque. Réexaminer toute divergence avant publication ; conserver les limites.
Quatre dimensions à ne pas confondre
- Famille
- Classement documentaire exclusif de l’acte selon la grille ci-dessous ; jamais déduit de l’identité de l’auteur ou de la victime.
- Mobile et courant
- Étiquettes distinctes et non exclusives, avec leurs propres preuves et leur périmètre. Un crime de haine n’établit pas automatiquement une affiliation politique.
- Degré d’attribution familiale
- « Étayée » si les éléments concordants satisfont les exigences documentaires ; sinon attribution alléguée, contestée ou indéterminée, affichée dans la famille indéterminée. Le filtre porte sur cette dimension.
- Justice
- Texte daté décrivant le stade et les responsabilités. Mise en examen, renvoi et condamnation ne sont pas interchangeables. Aucune culpabilité ne se déduit d’une étiquette du graphique.
La dénégation d’un suspect ou la contestation de sa défense sont rapportées ; elles ne suffisent pas à elles seules à rendre incertaine une attribution appuyée par des preuves pertinentes. Une contradiction substantielle non résolue sur l’attribution, au contraire, impose de conserver cette incertitude. Une qualification terroriste ne prouve pas automatiquement une famille ou tous les mobiles.
Pour la seule chronologie judiciaire, un compte rendu original effectivement consulté peut étayer un résumé procédural daté, à condition que celui-ci cite explicitement sa rédaction et sa date. Cette source conserve son statut de compte rendu de presse et compte pour une seule origine. Les exigences de vérification du fait, des bilans, du lien idéologique et de l’attribution familiale restent celles du protocole commun.
- Extrême droite
- Preuves reliant l’acte à un projet néonazi, fasciste, suprémaciste ou à une autre idéologie d’extrême droite. Un mobile raciste ne suffit pas à lui seul.
- Islamisme violent
- Preuves reliant l’acte à une violence politico-religieuse se réclamant de l’islam. La religion d’un auteur ne suffit pas. Le courant djihadiste demande une preuve propre.
- Extrême gauche
- Preuves reliant l’acte à une idéologie d’extrême gauche, révolutionnaire, communiste ou anarchiste. La seule présence de militants ou de manifestants ne suffit pas.
- Autres idéologies
- Mobile idéologique ou discriminatoire précis étayé et retenu en propre, sans élément positif suffisant vers l’une des trois familles précédentes ni hypothèse familiale substantielle restant à arbitrer. La fiche décrit ce mobile ; elle ne présume aucune affiliation politique.
- Mobiles multiples
- Plusieurs attributions idéologiques de l’acte sont étayées, sans dominante justifiable. La simple présence de deux camps ne suffit pas.
- Attribution indéterminée
- Une attribution familiale précise est alléguée ou substantiellement contestée, ou seul le lien idéologique général est établi sans mobile précis permettant le classement résiduel. Aucun bilan de cette catégorie n’est ajouté à une autre famille.
Ordre de décision pour les catégories résiduelles : rechercher d’abord des preuves propres à une famille précise. Si elles restent matériellement en conflit ou seulement alléguées, retenir l’attribution indéterminée. En l’absence de cette hypothèse non résolue, un mobile précis établi (par exemple l’homophobie) peut être retenu en propre dans « Autres idéologies ». Si seul le lien général est établi sans ce mobile précis, retenir l’indéterminée. « Autres » n’affirme ni une affiliation connue ni une exclusion démontrée des autres familles.
La nature de la preuve doit rester lisible : une analyse d’enquête directement formulée par la DGSI n’est pas une synthèse de recherche citant une enquête journalistique. Cette dernière peut étayer la classification documentaire explicitement énoncée par son auteur, sans devenir une seconde enquête sur les faits ou une décision judiciaire. Les notes des fiches Colonna et Sarnaya explicitent ces fondements différents.
Séries, composantes et unité de comptage
Une attaque correspond à une action située et datée. Les fiches historiques peuvent regrouper plusieurs attaques. Lorsqu’une ventilation sourcée réconcilie les bilans, les composantes remplacent le parent dans tous les calculs. L’ancien lien de la série reste accessible.
Toulouse–Montauban et janvier 2015 sont ventilés en trois attaques chacun. Les quatre décès d’Ozar-Hatorah et les quatre décès de l’Hyper Cacher contribuent ainsi au ciblage antisémite, sans y attribuer les sept ou dix-sept morts de toute la série. Une personne ne compte jamais à la fois dans la série et dans une composante.
Les autres séries restent agrégées quand leurs bilans ne sont pas ventilés. L’indicateur « Unités documentaires » mélange donc encore épisodes et regroupements explicitement signalés : il sert à naviguer dans le corpus, pas à comparer une fréquence homogène d’attaques. Une même unité peut relever de plusieurs mobiles ; ces lignes ne s’additionnent pas, tandis que le total général déduplique leurs identifiants.
Bilans et portée des graphiques
Les auteurs sont exclus. Les décès différés ne sont rattachés à l’acte que lorsque ce lien est documenté. Les blessures physiques déjà incluses parmi les décès attribués à l’acte ne sont pas ajoutées une seconde fois. Préjudices psychiques, personnes présentes, otages sans blessure documentée et parties civiles ne sont pas assimilés à des blessés physiques.
Une valeur exacte, un minimum, une fourchette et une inconnue restent distincts dans les données. L’aire d’un cercle utilise la valeur exacte ou la borne basse ; la borne haute n’est jamais inventée. Une valeur inconnue ne vaut pas zéro. Les données manquantes et minima sont signalés près du graphique. Deux minima peuvent rester très inégalement renseignés.
« Morts + blessés » compte une unité par personne tuée ou blessée selon les bilans retenus. Cette somme ne pondère pas la gravité, ne mesure pas l’intention, les dommages totaux ou la dangerosité de sympathisants. Si une composante manque, le total connu n’est qu’un minimum. Le cumul ne peut que monter ou rester stable : sa hausse n’établit pas une accélération. Quelques attaques à fort bilan peuvent dominer les résultats.
Données publiques et reproduction
Télécharger le corpus public complet (JSON). Il contient les bilans avec leur état, les sources, les attributions et les composantes. Les notes privées du classeur ne sont pas diffusées. La version ci-dessus identifie ce jeu de données.
L’exemple Python suivant utilise seulement la bibliothèque standard et reproduit la sélection antisémite et sa borne basse de décès. Pour un autre mobile, remplacer son code ; pour une famille, filtrer le champ category hérité du parent par ce script. Pour reproduire l’explorateur complet, croiser aussi dates, recherche et courant. Les dates d’intervalles retiennent les unités qui chevauchent la période ; les séries traversant plusieurs périodes ne sont pas ventilées arbitrairement dans les barres.
Voir l’exemple Python
import json, urllib.request
with urllib.request.urlopen("https://violences-en-france.pages.dev/data/corpus.json") as r:
corpus = json.load(r)
# Une série ventilée est remplacée, jamais ajoutée à ses composantes.
units = []
for e in corpus["events"]:
for c in e["components"] or [e]:
u = {**e, **c}
u["motives"] = list({t["code"]: t for t in
e["motives"] + c["motives"]}.values())
units.append(u)
# Exemple reproductible : décès liés au ciblage antisémite documenté.
selected = [e for e in units if any(t["code"] == "antisemitisme"
for t in e["motives"])]
known = [e["deaths"] for e in selected if e["deaths"]["value"] is not None]
unknown = len(selected) - len(known)
lower = sum(b["value"] for b in known)
exact = not unknown and all(b["status"] == "exact" for b in known)
print(len(selected), "unités ;", "" if exact else "au moins", lower,
"morts ;", unknown, "bilans inconnus")Les contributions sous plusieurs étiquettes ne doivent pas être additionnées. Un agrégat n’est exact que si tous ses bilans le sont ; sinon publier le nombre de valeurs manquantes et la borne minimale ou la fourchette disponible.